Gold: The Last Shelter

mercredi 2 décembre 2009
L’or refuge contre le désespoir
L’explosion des dettes gouvernementales provoquera une hyperinflation fatale au dollar comme à l’euro.
par Christian Affolter, L'AGEFI
Shorex note: James Turk (Goldmoney) was a speaker at the GOLD conference stream of the Shorex Wealth Management Forum Geneva.
«La hausse des marchés actions n’est pas due à l’existence d’une reprise de l’économie.» Le fondateur de Goldmoney James Turk n’a pas hésité à utiliser des formules choc devant une salle remplie jusqu’à la dernière place lors du Shorex Wealth Management Forum qui se tient actuellement à Genève. Son explication est tout aussi déstabilisante: «Garder les liquidités ou les placer sur un compte d’épargne serait encore plus risqué que de les investir en actions. Si vous ne pouvez obtenir aucun revenu d’intérêts, à quoi sert-il alors de détenir des monnaies nationales?»
L’accumulation de dettes par les gouvernements américains et européens ne restera pas impunie. Au contraire, elle doit forcément mener vers une hyperinflation. C’est dans ce contexte-là que James Turk plaide en faveur de l’or. «Lorsque vous en achetez, vous le faites dans l’intention de préserver vos avoirs.» L’or sert tout simplement de couverture par rapport aux dévaluations des monnaies en papier auxquelles il faut s’attendre ces prochaines années. Malgré les prix records atteints ces derniers jours, son potentiel d’appréciation est loin d’être épuisé. «Il est toujours relativement bon marché», estime même James Turk.
Comparant la valeur des actifs financiers à celle des actifs tangibles, il arrive également à la conclusion que les marchés actions doivent encore beaucoup baisser pour corriger leur surévaluation.
Comparant la politique monétaire actuelle de Ben Bernanke à celle menée par Paul Volcker au début des années 1980, James Turk ne ménage pas ses critiques à l’égard de l’actuel président de la Fed. A l’époque, des hausses de taux, même douloureuses à court terme, ont permis de «sauver le dollar». Maintenant, la réserve fédérale achète même de la dette gouvernementale dans le cadre de sa politique d’assouplissement quantitatif. «C’est exactement ce qu’a fait l’Argentine.» Qui est, rappelons-le, tombée dans l’hyperinflation au cours des années 90.
Dans le cas du billet vert, il s’y ajoute un phénomène assez peu remarqué jusqu’à présent. Au moment même où la planche à billets tourne à plein régime, la demande de dollars est en train de baisser à l’échelle internationale. «Les gouvernements diversifient maintenant en dehors du dollar. » Les achats massifs d’or de la Chine et de l’Inde n’en sont que les signes les plus tangibles. Selon James Turk, «nous sommes proches du point crucial à partir duquel il ne faut plus que six à neuf mois avant que la monnaie ne s’effondre».
La situation pour l’euro est à peine plus favorable. Le seul aspect le différenciant du dollar est le maintien d’une certaine demande, ce qui serait simplement dû à une réaction de réflexe. Mais en fait, «l’euro est basé sur le dollar», remarque le fondateur de Goldmoney. Pour l’instant du moins, le franc suisse n’offre pas d’alternative non plus. Au lieu de lutter à tout prix contre une appréciation de notre monnaie par rapport au dollar et à l’euro, la BNS devrait orienter sa politique monétaire au cours de l’or. James Turk est convaincu que seule cette approche permet de soutenir l’économie de manière durable et au franc de jouer un rôle de refuge. Mais dans la situation actuelle, l’or brille seul au firmament des monnaies offrant une couverture contre l’inflation.
«SI VOUS NE POUVEZ OBTENIR AUCUN REVENU D’INTÉRÊTS, À QUOI SERT-IL ALORS DE DÉTENIR DES MONNAIES NATIONALES?»


