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Good Conscience Meets Good Performance

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Vendredi 4 décembre 2009

La conscience rejointe par la performance

L’impact des facteurs ESG sur le prix d’une action ne cesse de grandir et demande ainsi leur intégration dans les analyses financières.

par Christian Affolter, L'AGEFI

Shorex note: MM. Jean-Pierre Klumpp (BlueOrchard), (Jean-Christophe Ganz (Vietnam Holding), Jean Laville (Ethos), Hugh Wheelan (Responsible Investor), Edmond Schaff (Altedia) quoted in this article were speakers at the SRI conference stream of the Shorex Wealth Management Forum Geneva.

L’investissement socialement responsable (ISR) entre dans une ère nouvelle. La crise lui offre l’occasion de démontrer que les entreprises tenant compte de ces critères résistent mieux aux fluctuations cycliques. Il ne s’agit plus de renoncer à une partie du rendement au nom de la bonne conscience. Encore moins de simplement exclure l’alcool, le tabac, les armes, le travail d’enfants ou le nucléaire d’un portefeuille. Les outils se sont affinés depuis longtemps. Au point qu’«à long terme, l’ISR générera au contraire une performance supérieure », a souligné Jean Laville, directeur adjoint de la fondation Ethos, lors du forum Shorex à Genève.

Plusieurs fonds «éthiques» le prouvent déjà aujourd’hui, en se plaçant régulièrement parmi les meilleurs de leur catégorie. Ce qui peut s’expliquer par le fait que les analyses ESG (environnement, social, gouvernance d’entreprise) se base sur des critères («soft facts» beaucoup plus difficiles à chiffrer) dont les recherches conventionnelles n’ont guère tenu compte jusqu’à présent. Une étude sur les informations environnementales fournies dans des rapports d’analystes financiers publiée en 2007 est arrivée à la conclusion que seulement 35% de ces documents abordent cette thématique. Mais la crise semble avoir contribué à la prise de conscience de l’impact de ces «soft facts» sur la performance d’une entreprise. Pour l’éditeur du magazine en ligne Responsible Investor Hugh Wheelan, «les facteurs ESG influencent toujours plus les cours des actions.» Et les obligations y échappent de moins en moins. Une synthèse de 16 études publiée le mois dernier par Mercer dénombre 10 travaux établissant une corrélation positive entre le respect de critères ESG et la performance financière, 4 qui arrivent à une conclusion neutre et deux décrivant un lien négatif. Parmi les études recensées, celle de l’Université de St-Gall publiée ce printemps, qui estime que les coûts liés à la mise en place de mécanismes de gouvernance d’entreprise sont inférieurs aux bénéfices que la société peut en retirer.

Si les fonds de pension s’associent toujours plus souvent pour augmenter la pression sur une entreprise, «ils le font parce qu’ils considèrent que certaines pratiques représentent un risque pour la performance », analyse Hugh Wheelan. Un signe manifeste du changement de génération. L’usage actif des droits de vote s’étend même au détenteur d’actions moyen. «La menace d’exclusion devient un outil très puissant», se réjouit Jean Laville. Il arrive aussi que les investisseurs sollicitent les gestionnaires d’actifs à ce sujet. Le responsable de la recherche ISR d’Altedia, Edmond Schaff, estime néanmoins que «la majorité des investisseurs misant sur le durable se recrute parmi les institutionnels.»

Les régions couvertes par l’ISR s’étendent de plus en plus vers les marchés émergents. «La microfinance constitue un élément d’un concept de développement vraiment durable», estime Jean-Pierre Klumpp, président exécutif de l’entreprise spécialisée dans ces financements BlueOrchard. Le directeur de Vietnam Holding Jean-Christophe Ganz estime même que les investisseurs étrangers dans ces pays se doivent de promouvoir la cause de la gestion durable: «Ils exercent un effet de levier.» Selon lui, les avantages d’une approche responsable peuvent également être observés au Vietnam. «La conformité d’une entreprise aux facteurs ESG indique que sa gestion est de qualité. Les entreprises sensibles à ces aspects ont une vision à plus long terme et une approche mieux focalisée», constatet- il. Par conséquent, «les facteurs ESG peuvent générer une surperformance. » En plus de promouvoir la cause de l’ISR, une attitude responsable des investisseurs étrangers change également la perception au sein d’un marché sur lequel beaucoup d’acteurs sont entrés à des fins purement spéculatifs.

«LES ENTREPRISES SENSIBLES AUX FACTEURS ESG ONT UNE VISION À PLUS LONG TERME ET UNE APPROCHE MIEUX FOCALISÉE.»